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mis en ligne le 15
février 2011
révisé et complété le
26 février 2011
L'entretien des pistes cyclables
et trottoirs, ou l'art de se débarrasser de la patate chaude
Les
hivers 2009-2010 et 2010-2011 ont été précoces et sévères en région parisienne.
Le blocage de milliers d’automobilistes a été vécu comme une situation indigne
d’un pays développé, et de nombreuses voix se sont élevées contre l’incurie
vraie ou supposée des gestionnaires des voiries malgré la mobilisation dévouée
de tous les services techniques.
Bizarrement, les médias n’ont même pas abordé la question des trottoirs et des
pistes cyclables sauf pour relater les pénibles tribulations d’automobilistes
ayant abandonné leurs véhicule. Pourtant presque partout en Essonne, par temps
de neige et de verglas, le déneigement ou le salage des trottoirs et des pistes
cyclables ne se fait que très ponctuellement, devant les écoles, ou les mairies
par exemple...ou pas du tout.
Or les trains RER fonctionnaient presque normalement et une
bonne politique aurait été pour les municipalités de traiter au moins les
itinéraires piétonniers menant aux gares. Passons...
A qui revient la responsabilité d'entretenir les pistes cyclables ?
Prenons pour exemple l’Itinéraire cyclable départemental n° 12, d’Evry à
Ballancourt : Le Conseil général a réalisé cet aménagement le long de la RD31.
Le maillon à hauteur de Bondoufle permet de relier Evry et ses services et
commerces et, au sud, de rejoindre des zones rurales propices aux loisirs et à
la pratique sportive du vélo. De plus, cet aménagement sécurise l'approche du
Lycée de Bondoufle, en particulier dans sa partie nord.
Malheureusement le voici aujourd’hui envahi par les feuilles mortes tombées
l’automne dernier et qui viennent l’amputer lourdement. Dans les ronds-points la
bande cyclable est inutilisable du fait des éclats de verre et autres salissures
dont personne ne semble se préoccuper.
Alerté par la FCDE, le conseil Général, chargé de son entretien, devrait
intervenir… ou nous renvoyer vers d’autres interlocuteurs.
Révolté par le manque d'entretien de cette même piste plus au sud aux abords de
l'Ecosite de Vert-le-Grand, l'usine de traitement des déchets, Michel Le Rouzic,
président du Comité départemental et de la Commission sécurité de la FFCT a
envoyé un courrier au Président du Conseil Général, Michel Berson, et au
président de la Semardel, la société coupable de ces négligences.
Lire le courrier de la FFCT
à la Semardel. (Attention 9Mo) Les photos jointes à ce courrier montrent bien que les
déchets et autres salissures ainsi que le sable que les camions laissent tomber
sur la piste créent un véritable danger.
A priori la responsabilité de l’entretien des abords (trottoir, piste) d’une
voie (rue, boulevard) revient au gestionnaire de la voirie… sauf exceptions : si
la voirie est communale (ou intercommunale), la piste qui l’accompagne est de
gestion communale (ou intercommunale), comme le trottoir (encore que pour le
trottoir, il revient peut-être au riverain de balayer et déneiger).
Voir
ci-dessous
Des conventions peuvent attribuer la compétence de gestion à l’intercommunalité
sur un secteur particulier (par exemple l'accès à une gare, à un lycée, à un
gymnase, à une piscine d'intérêt intercommunal), ou en fonction de l’importance
d’une voie, uniquement sur la zone de roulement, ou sur toute la voirie, avec
ses abords.
Le long des voiries départementales, est-ce vraiment au Conseil Général de faire
l’entretien ? Y a-t-il une différence de répartition des compétences de gestion
selon qu’il s’agit d’un itinéraire cyclable départemental structuré ou qu’il
s’agit d’un accotement « normal » sur route départementale ? Que recouvre
exactement le terme de « gestion » ? Y a-t-il des règles analogues ou
différentes pour les chaussées cyclables (bandes ou pistes) et pour les
trottoirs ? Même question s’il s’agit d’une voie douce qui longe une RD (ou un
autre type de voie).
Face à ces embrouillaminis, la question de l’entretien des voies cyclables et
des trottoirs devrait être clairement réglée entre les collectivités et, a
minima, devrait être traitée avant toute réalisation de travaux par le Conseil
Général ou l’Etat. Une décision votée en conseil municipal doit préciser
cette répartition et engager la commune à prendre en charge financièrement
ce qui lui incombe en termes d’entretien, d’exploitation, de renouvellement, de
mise aux nouvelles normes, de grosses réparations, etc. pour maintenir nos
pistes et trottoirs en bon état.
C’est malheureusement rarement le cas. Ce qui laisse encore de beaux jours au
jeu de la patate chaude…
Les associations doivent s'informer pour que l'on ne puisse plus leur dire
systématiquement : "Le trou dans la piste et son entretien ? Ce n’est pas moi, c’est l’autre.
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©FCDE
Itinéraire départemental de circulations douces 12 à Bondoufle |
©FFCT-Codep91-Commission Sécurité
Itinéraire départemental de circulations douces 12 à Vert-le-Grand (Ecosite) |
©FCDE
Itinéraire départemental de circulations douces 12 à Bondoufle |
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©FCDE
Hiver 2009 Corbeil |
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Qui a la responsabilité de
l'entretien et du déneigement des trottoirs ?
Comme l'an dernier, le mauvais
temps de l'hiver a rendu les déplacements difficiles pour tous. Même si on a peu
d'informations sur le nombre de piétons blessés par des chutes causé par le verglas,
on sait qu'ils ont été nombreux cette année. Et beaucoup de gens âgés
s'étonnent que les trottoirs ne soient pas déneigés. Ils évoquent le temps de
leur enfance où chaque riverain dégageait la neige devant chez lui.
Mais, comme l'a fait remarquer le
député Jean-Louis Gagnaire dans la question N° 71103
posée en août 2010 au Ministre de l'Intérieur, les règlements qui l'imposaient
aux riverains correspondaient à
des conditions de vie différentes et sont difficilement applicables de nos
jours.
Toutefois, dans sa réponse, publiée le 10/08/2010 au JO Assemblée nationale,
p.8860, le Ministre maintient la possibilité pour le maire de confier aux
riverains la responsabilité du déneigement en s'appuyant sur l'article L.
2122-28 (1°), « le maire prend des
arrêtés à l'effet d'ordonner des mesures locales sur les objets confiés par les
lois à sa vigilance et à son autorité ». Le ministre affirme qu'il n'est pas envisagé de restreindre
la liberté d'appréciation donnée au maire d'exercer son pouvoir reconnu
par la jurisprudence (CE, 15 octobre 1980, Garnotel), de prescrire aux riverains
des voies publiques de balayer le trottoir situé devant leur habitation (ce qui inclut leur déneigement). En cas de négligence
manifeste, le propriétaire
peut être jugé responsable par application des articles 1382
et 1383 du code civil (Cour de cassation, chambre civile 2, 19 juin 1980,
Jeannot, n° 78-16360).
Forts de ces précisions, de
nombreux maires qui n'ont pourtant pas passé de décrets en Conseil municipal, ne
se privent pas dans le bulletin municipal de fin d'année d'accompagner leurs
vœux d'un "rappel" de cette obligation imposée aux riverains de déblayer la neige, de casser la glace dans le
caniveau, et de répandre du sable, de la cendre de bois ou du sel sur le trottoir devant chez eux.
Le plus choquant est que certains
de ceux qui se débarrassent sans vergogne de la patate chaude de l'entretien
sur
les riverains sont peut-être aussi ceux qui font traîner le diagnostic des
travaux nécessaires pour rendre les trottoirs accessibles aux personnes
handicapées dans le cadre du Plan d'accessibilité à la voirie et aux espaces
publics (PAVE) que toutes les municipalités doivent faire en accord avec leur
intercommunalité. Leur négligence
rend encore plus dangereux pour les piétons valides ou pas par temps de verglas ou de neige les points noirs
qui ont été constatés par beau temps : par exemple, les dévers latéraux excessifs, les
déformations ou les arrachements du revêtement, les seuils de trottoirs trop
hauts aux traversées, les obstacles bas peu visibles, etc.
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