|
En 2003 la FCDE avait organisé une action pour protester contre la mise en
place par la DDE d'une glissière de sécurité pour protéger l'ouvrage d'art (
!!! ) que l'on voit au fond, les piliers d'un pont franchissant la N7
(voir l'action juin 2003). Cette glissière était implantée sur le maigre
cheminement spontané tracé par des piétons pour la plupart de modeste
condition allant faire leurs courses, allant se promener autour des lacs
de Viry-Châtillon, ou rejoignant les communes voisines.
Les autorités locales ont défini la N7 à cet endroit comme un boulevard
urbain et la vitesse des automobiles y a été limitée à 50 km/h. Imaginons
que l'on pratique de même dans Paris où les "ouvrages d'art abondent !!!
Voyons ce que donneraient ces glissières sur le Pont Neuf, aux Guichets du
Louvre, ou autour de l'Arc de Triomphe On nous a opposé alors toute la force d'inertie d'une administration
toute-puissante "qui ne faisait qu'appliquer la
réglementation".
Depuis on a placé des blocs de pierre agressifs contre le stationnement
sauvage de poids lourds dans ce secteur qui apparaît de plus en plus
comme "délaissé" entre deux villes prospères. Les bonnes
âmes ont tout fait pour rendre ce cheminement inutilisables par les personnes
en fauteuil roulant, avec voiture d'enfant ou poussette de marché grâce à des
blocs en travers, du gravier, et même de la pierraille : il faut protéger ces fous contre eux-mêmes,
ils n'ont rien à faire dans ces coins sombres!!!
Quant aux aventuriers de la N7 à deux roues, motards, mais surtout cyclistes
qui n'auraient pas encore décidé de raccrocher leur vélo, suite à tous
les aménagements leur rendant la vie impossible, s'ils sont poussés vers le
bord par un poids lourd, ils ont au moins la satisfaction de savoir qu'ils se
planteront directement sur les rochers écologiques et donc ne courent aucun
risque de blesser les quelques piétons entêtés à circuler sur cet
"accotement".
Les contraintes liées à la topologie des communes traversées par la N7
sont souvent négligées par les aménageurs et politiques locaux : il n'y a
aucune alternative à la N7, seule voie nord-sud possible dans ce secteur, avec de
plus un étranglement lié à la présence en bord de Seine d'une zone classée
Soweso à Ris-Orangis.
La DDE avait en chantier un projet de liaisons douces de Paray-Vieille Poste
près d'Orly au Coudray-Montceaux près de Corbeil. Mais il y a belle lurette
que le "Monsieur Vélo" de la DDE de l'Essonne a tiré sa révérence
et que le projet est passé aux oubliettes. Entre-temps des communes ont fait
des aménagements contestables sans une vision d'ensemble les intégrant à un
projet cohérent. Elles ont obtenu de la DDE des rétrécissements de chaussée
abusifs sans se préoccuper de la dangerosité accrue occasionnée aux cyclistes
sur une route où passent 35 à 40 000 véhicules/jour. Et il y a maintenant un
sérieux problème de distance latérale de
sécurité non respectée par de très conducteurs de voitures particulières
et de poids lourds). Le cycliste le plus expérimenté est irrésistiblement
poussé vers la bordure de trottoirs, sauf à s'entêter à occuper le milieu de
sa voie, en prenant le risque des coups de klaxon et queues de poisson.
A l'heure où on se préoccupe d'un meilleur partage de la voirie en ville et
de la rédaction d'un Code de la Rue, rappelons qu'une agglomération se
définit comme une zone habitée marquée à chaque extrémité par des panneaux
d'entrée et de sortie, et que le Code de la Rue devra s'y appliquer. Les
banlieues des grandes villes ne doivent pas se trouver exclues de son champ
d'application. Et encore moins les zones de logements sociaux si souvent
excentrées dans les villes de banlieue. Peut-on accepter que des
aménagements ne tiennent pas compte des besoins d'usagers modestes qui par
nécessité se déplacent à pied ?
A partir du 1er janvier 2007, le Département aura la responsabilité de la
N7. Nous souhaitons que le projet de sécurisation des déplacements à pied et
à vélo dans leur continuité soit relancé en concertation avec les associations
d'usagers.
|