|
Dans les années 70 de nombreux élus ont fait
construire des cheminements mixtes piétonniers et cyclables qu'ils appelaient
des "pistes cyclables" (étymologiquement corrects, puisque cyclables
signifiaient pour eux que ces trottoirs étaient utilisables par les cycles).
Mais, en l'absence d'un autre panneau à leur disposition, ils ont fait apposer
le panneau B22a. Or ce panneau se définit comme imposant
aux cyclistes d'emprunter obligatoirement la voie ainsi marquée.
On s'est très vite trouvé dans les villes de la
grande couronne de Paris dans la situation absurde que ces pseudo-pistes
cyclables ne pouvaient la plupart du temps pas assurer la sécurité des
cyclistes qui auraient voulu les emprunter: manque de largeur, avec de plus présence
de piétons qui n'avaient pas d'autre espace de circulation, discontinuités, seuils trop hauts aux intersections, priorité
systématiquement perdue à tous les carrefours, même pour des "pistes
cyclables" longeant une voie principale, mauvais état des revêtements, végétation
envahissante, etc. etc. Les cyclistes de distance avec vélos à jantes minces
ne pouvaient pas les emprunter sans risquer des crevaisons ou des chutes.
Les modifications au code de 1998 prévoient que ces
pistes doivent être équipées du panneau C113 les rendant facultatives.
Pourtant les anciens panneaux n'ont pas été remplacés, ce qui donne 10 ans plus tard une
situation de confusion et d'anarchie.
Le summum étant atteint dans l'exemple ci-dessous
ne datant que de quelques mois (nous ne dévoilerons pas le nom de la
municipalité responsable de cette aberration). Dans ce décor bucolique où la
place ne manque pas pour faire des aménagements séparés, on a installé
deux panneaux marquant l'obligation de les emprunter aussi bien pour les
piétons que les cyclistes.
| Ces deux panneaux sont contradictoires |

|
cet espace ne peut être à la fois réservé exclusivement à deux catégories
d'usagers |
On pourrait en sourire, mais à quoi sert le Code
de la route s'il est détourné de son sens et que des panneaux d'obligation
deviennent des panneaux d'incitation ou d'indication.
Le problème, c'est
que les autorités de police se doivent d'appliquer le Code de la route à la lettre:
il arrive parfois qu'elles dressent des procès-verbaux aux cyclistes circulant sur la chaussée, alors que
les pseudo "trottoirs cyclables" sont inutilisables ou encombrés par des piétons en nombre.
Mais surtout, comme dans le cas de l'utilisation
abusive de la ligne blanche continue, cette signalétique, qui ne respecte ni l'esprit
ni la lettre du Code, sème la confusion. Elle accroît les conflits entre
piétons et cyclistes. Et fait que les automobilistes se sentent en droit de
rejeter les cyclistes qui s'obstinent à rouler sur leur chaussée
"alors qu'ils ont des pistes qu'ils n'utilisent pas".
|