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Lettre
de la FCDE
Concernant
l'application de la technique du niveau zéro
Par
ses statuts, la FCDE a pour objet de promouvoir les circulations douces,
et à ce titre elle se préoccupe de sécurité et du confort des déplacements
de tous les usagers, piétons (dont les PMR et les personnes en fauteuil
roulant manuel ou électrique) et cyclistes.
Nous savons bien qu'un seuil de 2cm maximum entre dans la
norme donnée par l'arrêté du 31 août 1999. Toutefois, lorsque les rédacteurs
de cet arrêté ont établi cette norme pour les ressauts, ils
impliquaient par défaut la possibilité d'utiliser le seuil zéro, déjà
répandu dans les pays plus avancés que la France dans le domaine de l'accessibilité
de la voirie aux personnes handicapées. Malheureusement, nous avons trop
souvent pu constater que, par facilité ou habitudes d'un autre temps,
beaucoup de services techniques ou de bureaux d'études font encore
aujourd'hui une lecture minimaliste de cette norme, pourtant applicable
depuis un bon nombre d'années. Ainsi, même s'il existe une pente douce
naturelle qui assure pleinement l'écoulement des eaux, ils prennent 2cm
comme base de départ (et donc, souvent la dépassent).
De
nombreuses expériences malheureuses sur le terrain nous ont conduits
à ne plus nous contenter, dans les projets, de l'indication "T2
abaissée" ou "seuil abaissé", mais de toujours rappeler
que, sauf contraintes techniques véritablement insurmontables, le seuil zéro
doit être le premier objectif des aménageurs. Ils ont, pour ce faire, à
leur disposition des solutions techniques peu coûteuses favorisant l'écoulement
des eaux et évitant leur stagnation au droit des passages, comme, par
exemple, l'abaissement du caniveau en amont et en aval du passage comme
cela se pratique, entre autres, à Paris.
Nous
maintenons donc notre demande telle que formulée dans notre courrier,
comme nous continuerons à demander le niveau zéro à chaque fois que
c'est techniquement possible.
De
plus, vous auriez du mal à convaincre nos adhérents ou amis en fauteuil
roulant qu'un seuil de 2 cm est "confortable". Tout au plus
accepteraient-ils les expressions "pas trop gênant" ou
"pas trop pénalisant", le seuil le plus confortable étant à
l'évidence le plus proche de zéro.
L'objectif
du pôle étant de rechercher les conditions de déplacement les plus
confortables et les plus sûres, nous voulons croire que les participants
au comité ont conscience que l'inconfort ou la dangerosité d'un itinéraire
dépend fortement de l'accumulation de petites difficultés. Compte tenu
de la variété des incapacités et souffrances liées au handicap, pour
une personne handicapée en fauteuil (ou même à pied), monter et descendre 10 ou
20 seuils de 2cm ou plus peut être extrêmement fatiguant et source de
stress, puisqu'à chaque traversée, avant de pouvoir donner l'impulsion nécessaire,
elle doit marquer un temps d'arrêt sur la chaussée. |