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Code
de la Route: Obligations des cyclistes
La FCDE souhaite éduquer les jeunes cyclistes (et les
moins jeunes) dans le respect du Code de la route. Pour cela il ne faut
pas que ces jeunes cyclistes entrent dans la vie avec l’idée que les
obligations du code peuvent être relativisées, ce qui est devenu
pourtant la pratique courante aussi bien des usagers de la route que des
aménageurs ! Les obligations du Code s'imposent à tous les usagers. Il ne s'agit pas d'un
code de bonne conduite, mais de règles permettant au mieux aux différents
usagers de partager la chaussée en sécurité. Il est donc univoque et
ne souffre pas d'interprétations différentes.
Certes nous regrettons que cinq ans après qu'elles
ont été décidées, les modifications au Code de la route de 1998
soient toujours ignorées par une majorité de conducteurs et par de nombreux
aménageurs. Elles avaient pourtant pour but essentiel d'améliorer
la sécurité des cyclistes et de leur permettre de circuler en sécurité
dans les villes et sur la plupart des routes.
Toutefois, nous pensons que l'exigence des cyclistes
d'obtenir la reconnaissance par les automobilistes et les aménageurs de
leurs droits légitimes, doit s'accompagner du respect des obligations que
leur impose le Code de la route.
Il est vrai que le cycliste urbain est amené, dans la jungle
des villes livrées à l'automobile, à rechercher instinctivement des moyens
d'éviter de se mettre encore plus en danger, et de raccourcir ses trajets.
Nous ne cautionnerons pas les quelques pratiques courantes
interdites que nous citons ci-dessous. Nous pensons toutefois que les urbanistes
pourraient s'en inspirer dans la mise en place d'équipements facilitant les
déplacements à vélo en ville.
Pratiques courantes interdites
1°- remonter un sens unique à
contresens.
C'est interdit et, surtout dans les voies à stationnement des deux côtés,
les automobilistes sont surpris de voir un cycliste déboucher sur leur droite
entre deux voitures alors qu'ils surveillent surtout leur gauche.
Là où les municipalités ont installé des contre-sens
cyclistes par marquage d'une voie au sol avec rappels physiques aux carrefours,
on constate qu'ils donnent toute satisfaction. Le cycliste est face à la
circulation et voit le danger. Les accidents causés par les portes ouvertes
brutalement deviennent extrêmement rares, de même que les mises en sandwich. Il faudrait
donc généraliser les
contre-sens cyclistes, car ils vont dans le sens de la loi de 1996 en
avantageant les déplacements à vélo : ils raccourcissent les trajets et
permettent aux cyclistes de gagner du temps par rapport aux automobiles.
2°- rejoindre une autre voie en roulant sur un trottoir plutôt
que de s'engager dans un carrefour complexe protégé par feux tricolores.
Il est interdit de rouler sur les trottoirs (sauf
enfants de moins de 8 ans). Cette pratique provoque des conflits avec les
piétons qui ne se sentent pas en sécurité. La situation est différente s'il
s'agit d'une aire piétonne : dans ce cas, le cycliste peut rester sur son vélo, sauf
dispositions contraires, en roulant au pas. La solution respectueuse des droits
des piétons est de descendre de sa machine et de
la pousser à la main.
Cette pratique contestable est la conséquence d'un défaut dans
l'aménagement de carrefours qui pénalisent les cyclistes. Trop
souvent les aménagements cyclables ne présentent pas une continuité assurant
sécurité et rapidité de traversée des intersections, ou tout bêtement
s'arrêtent juste avant. Solution: prévoir des aménagements qui accompagnent les cyclistes dans toutes les
directions.
3°- s'avancer au delà du passage pour piétons en avant des
feux de signalisation.
Pour mieux voir et
être mieux placés au redémarrage, trop de cyclistes se faufilent
entre des piétons en train de traverser sur un passage pour attendre
le feu vert en avant du passage. Ils risquent pour cela une amende pour non-respect des
feux, surtout si après avoir fait mine de s'arrêter ils en profitent avant le
feu vert pour effectuer un tourne à droite et se joindre au flux de circulation.
Solution: multiplier les aménagements de sas tels que définis par les articles R4-2, R9-1 et R28
qui donnent aux autorités de police compétentes
la possibilité d'instaurer aux intersections :
- sur les voies d'accès équipées de feux de signalisation communs à
toutes les catégories d'usagers, un «sas» matérialisé par deux lignes d'arrêt
distinctes, permettant aux cyclistes et aux cyclomoteurs de se positionner pour
attendre le feu vert devant les autres véhicules, ces derniers ne devant en
aucun cas s'engager dans ce «sas» s'ils risquent d'y être immobilisés ;
- des feux de signalisation décalés et distincts, l'un pour les cycles et
cyclomoteurs, l'autre pour les autres catégories de véhicules ;
- une voie réservée que les conducteurs de cycles et de cyclomoteurs sont
tenus d'emprunter pour contourner l'intersection par la droite.
La FCDE demande que dans certaines limites à préciser les cycles non
motorisés soient autorisés à effectuer des tourne-à-droite avant le feu vert
pour, d'une part avantager les circulations douces en application de la loi sur
l'air de 1996, mais aussi pour leur éviter autant que possible les mouvements
tournants périlleux quand ils sont accompagnés par des camions ou bus.
4°- ne pas mettre pied à terre au signal "stop".
L'interprétation stricte de la législation est que le
cycliste doit mettre pied à terre à un Stop. Cette interprétation a
l'avantage de ne présenter aucune ambiguïté. Elle peut être justifiée en
traversée de rues à fort trafic.
En revanche, la FCDE se bat pour rendre exceptionnelle la pose
d'un signal "Stop" côté cyclistes aux intersections entre une rue ou
route peu chargée et une piste cyclable longeant la voie prioritaire. Ce qui
est d'ailleurs conforme au Code qui rappelle que la piste cyclable est
prioritaire (article 28). Elle demande que la
priorité soit donnée aux cyclistes, en particulier quand il y a une légère
pente. En
effet le cycliste est le plus vulnérable en situation de démarrage en montée, lorsqu'il a un effort à faire pour
acquérir son équilibre qui est fonction de sa vitesse : il ne
peut faire alors aucune manœuvre d'évitement.
- etc. etc.
Toutes ces pratiques peuvent être sanctionnées par des
amendes, ou par le retrait de
votre permis de conduire les automobiles: l'infraction a été commise à vélo,
mais vous n'êtes pas seulement condamné comme cycliste, mais comme titulaire
d'un permis impliquant que vous avez appris le Code de la Route. Et le Code s'impose à
tous les usagers. Inutile de prétendre que vous n'avez pas le permis, la police
a accès directement au fichier où votre nom figure, et votre refus de fournir
des informations vous coûtera encore plus cher.
Lisez pour vous en convaincre la triste aventure de Désiré,
publiée dans le Canard Enchaîné: Désiré
a affaire à la maréchaussée
Rappel de la signalisation horizontale
(marquage au sol, lignes)
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