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Mobilier urbain, miséricordes, appuis ischiatiques

NON  AUX  APPUIS  ISCHIATIQUES  ALIBIS !

 Ci-contre, le type d'appui ischiatique que nous refusons.

 

La FCDE appelle ses adhérents qui participent à des réunions de concertation pour l'aménagement des pôles de transports urbains, ou qui sont membres de commissions d'urbanisme, ou d'accessibilité, à s'opposer fermement à l'installation dans les gares, les lieux publics, les parcs, les avenues, de ce type d'appuis ischiatiques à grille inclinée genre barbecue à la place de bancs.


Actuellement la mode est d'enlever les bancs et de les remplacer par des appuis ischiatiques (prononcez iskiatik) comme celui-ci, en particulier dans les gares, pour en chasser les SDF. Beaucoup de documents officiels décrivant le mobilier urbain proposent ces appuis ischiatiques comme une aide aux personnes handicapées !  Nous dénonçons ce cynisme social qui, une fois de plus, pénalise les usagers les plus faibles que l'on prétend aider.

Si on étudie un peu la question on voit qu'il s'agit, au mieux d'une mauvaise interprétation, au pire d'un détournement délibéré des Circulaires de 1994 et 2000 pour l’accessibilité des personnes handicapées. Ces circulaires conseillaient l’installation de bancs traditionnels sur les cheminements des personnes handicapées, mais aussi d’appuis ischiatiques en complément « pour les personnes qui ne peuvent s’asseoir ».

Les rédacteurs de ces circulaires avaient probablement en tête les systèmes « assis-debout » utilisés dans les établissements spécialisés. Ils  comportent un soutien minimal mais réel, tel que  barre transversale, planchette étroite (comme les miséricordes d'églises), ou plus simplement … des selles de vélo montées sur tubes. 

Un bel exemple de miséricorde en bois sculpté. Les prêtres et choristes assis dans les stalles du choeur, doivent se relever au cours de l'office et se maintenir debout pendant de longues périodes. Les miséricordes leur permettent de prendre un appui tout en restant apparemment debout. (crédit photo blog.legardemots.fr)

 

 

 

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 A gauche (1), un appui ischiatique installé dans un long couloir du métro de Montréal, permettant à des personnes fatiguées, handicapées ou âgées de faire une petite halte pour souffler un peu.

Au centre (2), un modèle plus rustique en bois, proposé par l'ONF pour équiper des espaces naturels ouverts au public.

A droite (3), station Péreire du métro parisien. Que les cyclistes ne s'imaginent pas qu'on leur offre des places de stationnement bien abritées, ceci n'est pas un appui pour vélos. Quelques appuis ischiatiques pompidoliens fonctionnels tranchant fortement avec le style Art Nouveau du chemin de fer métropolitain des débuts ont été installés à la place de tous les bancs.

Ce n'est pas un hasard, si au Canada, nation très sensible au handicap, cette même prescription a bien été comprise comme une aide temporaire sur un cheminement dans un couloir où l'installation de bancs gênerait la circulation des voyageurs.  

De même l'équipement modeste mais efficace tiré du Catalogue de l'ONF, peut aider dans un parc ou sur une Voie Verte une personne handicapée ayant du mal à se relever d'un banc trop bas, ou un promeneur fatigué portant un sac à dos.

Quant au modèle en tube peint de la station Péreire, s'il ne brille pas par son esthétisme, il a au moins l'avantage que l'on peut s'y asseoir presque confortablement pendant de longues minutes par rapport au modèle à grille inclinée. Mais l'objectif d'écarter les sans-abri est ostensiblement affirmé puisque ces appuis sont  placés plus loin du mur et donc sont tout aussi encombrants que les bancs.

 

Ce banc, avec arceaux empêchant une personne de s'allonger,

et cet appui ischiatique ne permettant pas de se reposer participent de la lutte passive contre les SDF menée par la SNCF. 

 

 

 

Il y a un problème réel, mais est-ce aux personnes âgées ou handicapées d'en payer les frais?

 

Par sa conception même, le modèle d’appui ischiatique à grille genre "barbecue" que nous voyons dans les gares, les aéroports, et même dans les rues,  en fait n'apporte de soulagement qu'aux gens en bonne condition physique. L'inclinaison est trop forte, et l'accroche trop faible pour assurer un appui suffisant. Le déséquilibre vers l'arrière sollicite fortement les fessiers et les quadriceps qui travaillent alors en excentriques freinateurs. Ce qui n’est pas reposant comme chacun peut le constater en redescendant une forte pente. Or justement l'affaiblissement des quadriceps est l'une des marques du vieillissement ou de la maladie. 

Les aménageurs, lorsqu’ils ont choisi ces équipements l’ont fait par économie et surtout, plus cyniquement, pour chasser les SDF ou les groupes de jeunes. A Paris, sur le quai de la Gare du Nord, ligne RER D, presque tous les des bancs ont été enlevés et remplacés par ces appuis. Il n'en reste qu'une vingtaine (toujours occupés) sur ce quai qui voit passer des milliers de voyageurs chaque jour. C’est une catastrophe pour les personnes à mobilité réduite ou âgées qui ne peuvent plus s'asseoir lors de longues attentes dues aux grèves ou aux pannes. 

En remplaçant les bancs par des appuis ischiatiques, c'est l'usager le plus faible en bout de chaîne qu'ont punit pour les "fautes" ou la gêne causée par les autres. 

 

 Kik Bastard, kinésithérapeute retraité et cycliste très expérimenté, nous donne le point de vue anatomo-physiologique de la question ... lire l'article Notes anatomo-physiologiques sur les appuis ischiatiques