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La Fédération pour les Circulations Douces en  Essonne lutte  pour la sécurité et le confort des déplacements  non motorisés  ( à pied, en fauteuil roulant, à vélo, à rollers)

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2 Code de la route et

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3 Code de la route et aménageurs

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L'AFFAIRE DE  LA RUE DE CORBEIL A LISSES

Dès le début de cette affaire le manque de concertation et de transparence à tous les niveaux a été patent. Mais le plus choquant a été le choix cynique qui s'est fait aux dépens des personnes handicapées et PMR. 

Au moment où la notion de développement durable s'impose dans  tous les domaines de l'activité humaine, on ne peut que regretter que la politique à courte vue des aménageurs, malgré les sommes importantes injectées dans cette "requalification", laisse en héritage aux Lissois pour plusieurs décennies des difficultés de cheminement pour les plus faibles des piétons. 

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Rappel des faits

Novembre  2007 - janvier 2008 : La Communauté d’agglomération d’Evry Centre Essonne réalise la réfection totale de la rue de Corbeil, réseaux, voirie, trottoirs, arrêts de bus, plateaux surélevés : une 1ère tranche de 1,9 millions d’euros, plus une tranche 300 000 euros pour une réfection à l’identique laissant la priorité à la circulation automobile et aux bus. Ces travaux ne tiennent pas compte de la Loi handicap de 2005 applicable depuis le 1er juillet 2007.        

La Municipalité répond aux gens qui s'inquiètent que les travaux sont de la compétence de la communauté d'Agglo et que les règles de mise en accessibilité ne s'appliquent pas en raison de l'impératif de faire passer les bus et du fait qu'il s'agit d'une remise en état à l'identique. La FCDE signale ce fait à la Déléguée ministérielle  à l'accessibilité, Mme Tilmont, qui lui accorde son soutien. Fin décembre 2007, dans une période peu propice en raison de l'obligation de réserve du Préfet de l’Essonne avant les élections présidentielles, la FCDE et l’APF lui adresse un courrier accompagné d'un dossier pour demander la mise aux normes d'accessibilité de ces espaces et en informent tous les partenaires. 

Le dossier qui a été présenté au Préfet.

La FCDE en accord avec l'APF organise sous le patronage de Mme Tilmont, un colloque à la Maison de l'habitat à Evry le 10 décembre 2008 sur l'accessibilité et les nouvelles orientations du Code de la route. La DDE de l'Essonne, le Conseil Général, plusieurs es Communautés sont représentées par de hauts responsables, et beaucoup de communes sont représentées par leur maire ou leur adjoint chargé de la voirie ou par des représentants des services techniques. 

Les documents présentés au Colloque"Une voirie accessible à tous - L’application de la loi de février 2005" 

Les problèmes de Lisses étaient connus de nombreux participants, mais en attendant une solution acceptable, La FCDE et l'APF ont fait le choix de ne pas en parler et de privilégier la sensibilisation et l'information sur les évolutions du Code de la route et les obligations imposées par la Loi handicap de 2005.

Fin mai 2009 nous apprenons que le Conseil général a retenu le versement du solde (400 000 euros)  de la subvention qu'il avait attribuée au motif que les travaux dans la rue de Corbeil ne répondent pas aux normes d’accessibilité. Le Conseil général demande que des travaux correctifs soient menés et validés par les associations concernées. Nous acceptons donc  l'invitation qui nous est faite de participer avec l'APF à une visite technique sur les lieux le 5 juin 2009. Elle aura pour objet d'étudier les possibilités de corrections  uniquement du côté impair, et il est précisé qu'elles seront limitées.

Au cours de cette visite sur le terrain avec les techniciens de la CAECE, du CG et de la mairie, nous relevons les anomalies et demandons  leurs corrections de manière réaliste. On nous promet qu'un compte rendu de cette visite  sera fait. Mais des travaux  débutent en juillet sans que les associations aient tenues au courant de leur nature. Nous nous en  étonnons et envoyons un courrier au Président de le Communauté pour demander des explications. 

Le courrier FCDE à la CAECE du 1er juillet 2009

Mais les engins de travaux sont partis avant le 14 juillet. Les seules corrections qui ont été apportées portent sur deux resserrements du trottoir dangereux de 80 ou 90 cm qui ont été élargis à 1m10/1m20. Nous ne pouvions imaginer que les travaux de correction se borneraient à ce maigre résultat. Rien en effet n'a été fait pour supprimer les dévers excessifs (pente latérale) des trottoirs là où leur existence n'est justifiée par aucune contrainte technique. Nous voulions croire que d'autres travaux suivraient et nous avons alors envoyé une deuxième demande d'explications le 31 juillet 2009.avec copies à la DDE et au CG. 

L'article du 15 juillet sur notre site :  Lisses, manœuvres dilatoires

La demande d'explications de la FCDE au Président de la CAECE du 27 juillet 2009

L'Editorial du 15 septembre avant réception du courrier ci-dessous

Nous recevons enfin par le même courrier une réponse à nos deux lettres le 15 septembre 2009 signée de M. Manuel Valls, et un Compte rendu de la visite technique du 5 juin.. Elle est le premier contact direct avec la CAECE. Il nous donne la version de la CAECE de l'affaire et reprend l'argument irrecevable de l'antériorité de la déclaration de travaux.

La lettre du Président de la CAECE du 14 septembre 2009 qui reprend ces arguments contestables 

Le Compte rendu des services techniques du CAECE daté du 14 septembre 2009 pour une visite du 5 juin 

Fin septembre 2009 le Directeur des Déplacements du Conseil général, Jean-Louis Gitton, nous confirme que le Département bloque sa subvention tant que des travaux de correction acceptés par les associations n'auront pas été réalisés. 

Lire la lettre de M. Gitton, Directeur des déplacements du CG

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Commentaires sur les aspects juridiques de l'affaire 

Cette affaire démontre la nécessité de la concertation avant et de suivi après des travaux; mais aussi  la nécessité que des pratiques malsaines mais encore courantes dans trop de services  soient abandonnées et au besoin sanctionnées. 

Comme il a été dit ci-dessus, le premier argument qui ait été donné au public était qu'il s'agissait d'une réfection à l'identique qui, disait-on n'imposait pas la mise en accessibilité. Or les décrets et arrêtés ci-dessous imposaient les mêmes règles et normes en voirie que celles qui ont été imposées par les décrets à partir du 1er juillet 2007.

Les décrets et arrêtés régissant l'accessibilité à la voirie avant le 1er juillet 2007

Décret n° 95-260 du 8 mars 1995 relatif aux commissions consultatives départementales de sécurité et d'accessibilité J.O. du 10/3/95

Décret n° 99-756 et décret n° 99-757 du 31 août 1999 relatifs à l'accessibilité de la voirie J.O. du 4/9/99
Décret n° 99-756 et décret n° 99-757 du 31 août 1999 relatifs à l'accessibilité de la voirie J.O. du 4/9/99

Arrêté du 31 août 1999 (voirie) J.O. du 4/9/99
Circulaire n° 2000-51 du 23 juin 2000 relative à l'accessibilité de la voirie (B.O. du ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement du 25/7/00)

Les décrets du 21 décembre 2006, et l’arrêté d’application du 15 janvier 2007 relatifs à l’accessibilité de la voirie et des aménagements d’espaces publics aux personnes handicapées n'ont fait qu'en améliorer l'application.

Dans son courrier le Président de la CAECE reprend l'argument de l'antériorité de la notification des travaux concocté par des conseillers à la Gribouille. Les normes existaient depuis 1988, et étaient précisées dans les décrets et arrêtés de 1999 et 2000. Elles étaient applicables à partir du moment où étaient entrepris des travaux touchant l'assiette de la chaussée, les bordures et les trottoirs, SAUF DÉROGATION accordée par la Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité à la voirie. Or cette dérogation n'a même pas été demandée.  

On peut supposer que  les aménageurs de la CAECE ont voulu s'exonérer des obligations de mise en accessibilité. Ils pouvaient craindre en effet  que la Commission refuse le projet dans l'état, ce qui aurait amené un coût supplémentaire et provoqué du retard.

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Et maintenant ?

Et il est irréaliste d'espérer qu'à courte échéance, les aménageurs reprennent tout à la base. Tout au plus peut-on espérer des améliorations qui peuvent être faites pour un coût raisonnable, par exemple la correction des dévers excessifs non justifiés par des contraintes techniques, ou encore l'instauration d'une zone de rencontre. 

Lire la lettre ouverte de la FCDE du 15 novembre 2009

Les élus et techniciens de l'Essonne qui, soit n'étaient pas suffisamment au courant des règles et normes de l'accessibilité, soit les ont délibérément ignorées, devront tirer la leçon de ce fiasco. 

Certes la mise en accessibilité sera une très lourde tâche dans les nombreuses petites et moyennes villes de l'Essonne aux trottoirs réduits ou inexistants. Surtout si elles ont (ou se donnent ?) la contrainte  de faire passer des  bus articulés de 3m05 en double sens (et donc du trafic automobile général) sur une chaussée de 6m de large comme à Lisses, tout en sécurisant les déplacements des piétons sur des trottoirs étroits, et bien entendu en préservant le stationnement. A vouloir ménager la chèvre et le chou, elles seront face au même problème insurmontable de quadrature du cercle.

Ces villages sont devenus en quelques décennies des petites villes qui ont dû adapter leurs centres anciens à l'automobile. Les trottoirs, quand ils existaient, ont plutôt été traités comme des refuges que comme des espaces de déplacements, et avec le temps sont peu à peu devenus soit des lieux de stationnement soit la variable d'ajustement normale de la chaussée. La Loi handicap vient bouleverser tout cela.  

Pour sécuriser les déplacements des piétons et plus particulièrement des personnes handicapées dont la Loi prévoit qu'ils doivent bénéficier d'une chaîne continue de déplacement de 1m40 de large, il n'y a pas une solution globale, mais de multiples réponses que les aménageurs doivent explorer sans a priori et éventuellement combiner : passage alterné des bus dans les zones étroites, rues à sens uniques parallèles, zone de rencontre confirmant la priorité de fait des piétons obligés de marcher sur la chaussée. On nous répond que le nombre des bus empêche la mise en zone de rencontre du secteur le plus difficile. Cette affirmation est non fondée. En revanche nous disons que cette voie ne peut absolument pas être mise en zone 30, comme il a été annoncée dans le projet, car les difficultés de cheminement des piétons les obligeront souvent à descendre sur la chaussée, alors que la zone 30 doit permettre à tous les piétons de circuler en sécurité sur les trottoirs.

L'objectif  d'accessibilité universelle peut être atteint par une démarche ouverte d'écoute et de solidarité. C'est ce qui a fait défaut à Lisses.  

VOYEZ LES PHOTOS-CHOCS CI-DESSOUS

 
 

Avant les travaux de juillet 2009 - Le trottoir côté impair, le trottoir privilégié pour les piétons puisque les rétrécissements côté pair ne laissent parfois que 35 cm pour passer. Après les travaux qui élargiront à 1m 20 le passage entre le mur et la bordure des places taillées dans le trottoir (moins à cause des rétrovisuers ), l'espace libre  où stationne cette voiture sera taillé pour donner une place supplémentaire de stationnement.