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Messieurs,
Au vu des
rencontres de cet été avec les techniciens de la
Communauté d’Agglomération d’Evry centre
Essonne, du compte rendu qui en a été fait, des visites
sur le site, de la rencontre avec Monsieur le Maire de Lisses et
enfin du courrier de M. Valls du 14 septembre dernier, le triste
dossier de la rue de Corbeil à Lisses nous parait être
dans une impasse.
La FCDE
constate que, au seul motif invoqué par la Communauté d’Agglomération d’Evry centre Essonne que les
études de ce projet ont démarré le 5 mars 2007,
soit trois mois avant la date d’application de la loi handicap
de février 2005, les travaux ont été
réalisés sans aucune préoccupation des piétons
et donc de l’ensemble des usagers susceptibles de cheminer le
long de cette voirie.
Cet
argument juridique mis en avant est particulièrement
fallacieux.
En effet,
avant la Loi handicap de 2005, ce n'était pas le désert
juridique et technique. Dès la loi handicap de 1975, les
divers ministères (Equipement, Santé et Intérieur),
ainsi que l’AFNOR et le CERTU avaient déjà fourni
quantité de guides, textes réglementaires,
instructions interministérielles et normes applicables dans
les marchés publics, à destination de l’ensemble
des aménageurs et gestionnaires de voirie.
Tous ces
textes découlaient de la Loi d’orientation de 1976. Les
décrets du ministère de la Santé de 1999 et de
2000 en avaient rendu l’application obligatoire sans délai,
lors de toute intervention, même de simple entretien, sur les
espaces publics.
Les
méconnaître, alors qu’une nouvelle loi
introduisant les associations représentatives dans la
planification de leur mise en œuvre était votée,
ses décrets d’application connus et son application
prévue trois mois plus tard relève du mépris
à l’égard des usagers.
Toutes
les solutions proposées par la FCDE (il y en a peu, sauf à
reprendre l’intégralité de la voirie) ont été
repoussées. Les replâtrages de l’été
se sont limités à un léger élargissement
du trottoir, d’un seul coté, compensé par la
création d’une nouvelle place de stationnement là
où le trottoir était assez large.
Parmi ces
solutions, nous demandions le classement en zone de rencontre
(introduite au Code de la Route le 30 juillet 2008) d’une
faible portion de l’itinéraire devant la Mairie. Cette
solution, a été écartée parce que
considérée comme incompatible avec les vitesses
commerciales des bus. Or elle n’est pas plus incompatible que
les multiples ralentisseurs qui leur sont imposés, à
Lisses comme sur de nombreux points singuliers de nos voiries de l’Essonne, notamment partout où les aménagements,
manifestement trop en faveur du confort des automobilistes,
conduisent à des vitesses trop élevées.
La zone
de rencontre ne fait qu’inverser ponctuellement la priorité
donnée systématiquement aux plus forts sur les plus
faibles et impose une vitesse maximale qui de fait correspond à
la vitesse commerciale des meilleures lignes de bus d’Île de
France.
La FCDE
considère que le bilan de cette opération de
requalification de la route de Corbeil à Lisses, pour une
dépense annoncée de 1,9 Millions d’euros, puis de
300 000 euros pour une deuxième tranche de ces
aménagements est peu convaincant.
Il suffit
d’observer la circulation à cet endroit pour constater
que les aménagements récents se traduisent par :
le
besoin de ralentisseurs brutaux pour casser la vitesse des voitures,
la
limitation de la vitesse des bus qui de toute façon doivent
ralentir pour se croiser et circulent donc très lentement à
ce niveau, entre la mairie et le cimetière en particulier
l’obligation
pour les piétons de jouer à chat perché avec
les voitures : jeu sympathique qui consiste à marcher
sur la route et sauter sur le trottoir dès qu’un
véhicule apparaît,
et
bien sûr, l’impossibilité pour les personnes
handicapées et les poussettes d’enfant d’emprunter
le trottoir rétréci, en dévers, encombré
par le mobilier urbain, les poubelles, les véhicules mal
stationnés.
Ne voyant
pas d’autre solution que de donner la priorité aux
piétons sur les véhicules à cet endroit, en
donnant à cette portion de voie le statut de zone de
rencontre, la FCDE refuse d’apporter sa caution à cet
aménagement sans cette disposition et laisse prendre aux
financeurs et au détenteur du pouvoir de police de la
circulation toutes leurs responsabilités actuelles et futures,
quant aux conséquences de leur refus.
La FCDE
reste à votre disposition pour des échanges que nous
espérons à l’avenir plus fructueux et vous prie
d’agréer ses sincères salutations.
Maryvonne
MATEU, Présidente
de la FCDE
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