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DOSSIER APF – FCDE, janvier 2008

Requalification de la Rue de Corbeil à Lisses

 (800 m environ entre le carrefour avec la rue de Paris  (Poste et Mairie) et le Rd-Point sur la D153 (Intermarché)  

Cliquez sur les photos pour les voir agrandies

Gros travaux entrepris fin novembre 2007. Il y a un trafic important, et de nombreux bus, dont certains articulés, empruntent cette voie. 

Les trottoirs scandaleusement étroits d'origine n'ont pas été élargis. Pourquoi?

La FCDE et l’APF condamnent la "requalification" de la rue de Corbeil à Lisses. Malgré 1 900 000 € de dépenses la sécurité  des piétons, et plus particulièrement à mobilité réduite ou en fauteuil roulant, n'est pas assurée. 

 

Cet aménagement subventionné par la Communauté d'Agglomération et le Département, nous ramène plusieurs années en arrière. L'héritage du tout-auto s'est fait sentir dans le choix des aménageurs de tout faire pour préserver une chaussée de 6m de large pour permettre aux bus, et donc à tous les autres véhicules, de se croiser facilement, sans envisager un partage de la voirie. 

Certes, par l'installation aux intersections de plateaux surélevés facilitant les traversées, le maître d’œuvre s'est donné bonne conscience. Malheureusement sur le reste de l'aménagement, peut-être avec l’objectif discutable de lutter passivement contre le stationnement sauvage, il a choisi de refaire des trottoirs surélevés. Et il a conservé les mêmes largeurs insuffisantes des trottoirs d’origine.

En contradiction avec la loi handicap du 11 février 2005, imposant de prévoir une chaîne de déplacement continue, cet aménagement sacrifie délibérément la sécurité des piétons, personnes handicapées (PH) et personnes à mobilité réduite (PMR) qui se trouvent cantonnés sur des trottoirs trop étroits et encombrés par des lampadaires les obligeant à redescendre sur la chaussée à de nombreux endroits. Malgré l’effet ralentisseur des plateaux surélevés aux intersections, cet aménagement destiné à privilégier les transports en commun, conforte les conducteurs de voitures particulières et de camions dans leur perception que la chaussée bien roulante est leur domaine exclusif.

 

De nombreux bus empruntent la rue de Corbeil en double sens,  et il était légitime que sa "requalification" préserve leur possibilité de se croiser.  

Mais c'est aussi une voie très empruntée par des piétons du vieux quartier se rendant ou revenant de l'Intermarché avec poussettes et cabas.  Il était donc tout aussi légitime de profiter de ces travaux importants pour se débarrasser totalement d'un aménagement hérité de la grande période du tout-auto qui ne tenait aucun compte des piétons.  

Pour les PMR (personnes à mobilité réduite), personnes handicapées ou avec voiture d'enfant et les personnes en fauteuil roulant le nouvel aménagement comporte le point positif d'offrir des passages surélevés aux intersections.  

Carrefour surélevé avec passage piétonnier en construction.  

 

La dernière couche de revêtement permettra un accès sans ressaut (seuil zéro). Mais  ailleurs ?

Mais après avoir accédé sans ressaut aux trottoirs, elles sont bloquées sur les trottoirs étroits encombrés par des poteaux qui les obligent à descendre sur la chaussée. Les personnes en fauteuil roulant manuel n'ont même pas la place de faire demi-tour et doivent reculer en risquant une chute des trottoirs pour trouver un bateau accompagné souvent d’un dévers et d’un seuil de 4cm risquant de les déséquilibrer. Elles devront alors affronter la circulation et retrouver plus loin un autre bateau présentant les mêmes inconvénients et dangers pour remonter sur le trottoir et poursuivre leur parcours. Les personnes en fauteuil électriques doivent anticiper ces difficultés puisqu’elles ne disposent pas de marche arrière.

Cet aménagement ne respecte donc pas la prescription de la loi handicap du 11 février 2005, applicable depuis le 1er juillet 2007, qui impose de prévoir un cheminement continu.  

Il présente tous les défauts que dénoncent depuis longtemps l’APF et les autres associations de personnes handicapées, et que l’application des prescriptions des décrets du 26 décembre 2006 auraient permis d’éviter. trottoirs rétrécis par endroits au point d'être inutilisables, lampadaires ne laissant qu'une trentaine de centimètres disponibles, ou même moins, dévers excessifs et montagnes russes aux sorties des riverains. 

Le maître d’œuvre a maintenu des passages à 8O cm le long de stationnements sans tenir compte de l’effet précipice ni de l’effet paroi. Sur ces trottoirs étroits surélevés ces deux phénomènes peuvent se combiner pour faire perdre à l’usager en fauteuil une vingtaine de centimètres de surface utile : l’effet précipice l’éloigne de la bordure haute d’où il risque de tomber, l’effet paroi l’éloigne du mur où il risque de s’écorcher.

Trottoir étroit

Trottoir étroit

Lampadaire sur trottoir étroit

36 cm de largeur libre  

Lampadaire sur trottoir étroit

20 cm de largeur disponible  

Dévers excessif

Dévers et montagnes russes

Les solutions

Sans faire un grand effort d'imagination, on aurait pu  améliorer la sécurité et le confort des déplacements à pied et en fauteuil roulant. On nous rétorque que dans les vieux villages aux rues étroites on doit "faire avec", qu'on ne peut pas abattre les murs, qu'il y avait un choix à faire et que le développement des transports en commun est une priorité...

Associées aux plateaux surélevés qui ont été installés, on aurait pu (et on peut encore) combiner plusieurs démarches que nous détaillons ci-dessous pour trouver une solution convenant à l'ensemble de la voie. 

Quelques pistes :

1 - Étudier la faisabilité d’une mise en sens unique de la rue de Corbeil dans un sens et des rues des Dr Hanriot, et de l’Églantier dans l’autre, accompagné d’un élargissement conséquent des trottoirs.

2 - Le maintien côté nord d’un cheminement d’au minimum 1m20 (la norme est de 1m40)  

3 - La création d’une zone à priorité piétons

 1ère section: partie la plus étroite et la plus proche du centre : 

Commençant 50 ou 100m avant l'Allée du Cimetière et englobant l'intersection avec la rue de Paris,  et les intersections avec les rues François Pillon, Gabriel Vervant et l'Allée du Cimetière :

- création d'une rue  à priorité piétons avec mise à niveau des trottoirs avec la chaussée et réduction de la vitesse autorisée à 20 km/h. Cette rue  anticiperait sur la « zone de rencontre » du futur Code de la rue que la municipalité pourrait définir dans ce quartier ancien.

- réduction comme cela se fait couramment ailleurs de chaque voie automobile à 2m75, (voir la note ci-dessous) largeur permettant aux bus de se croiser. Elles sont actuellement de 3 m chacune. Les 50  centimètres récupérés permettrait d’élargir les trottoirs au moins d’un côté.

- dévoiement léger de la rue de Corbeil pour mordre un peu sur le parking et l'Allée du cimetière. Cette petite courbe permettrait de récupérer ponctuellement suffisamment d'espace pour élargir l'espace rue partagée (au droit de quelques lampadaires qui ne laissent pas de place aux piétons actuellement).  

Parking et allée du cimetière : l'accentuation du virage permettrait d'élargir le trottoir sud et renforcerait la perception de l'entrée dans la zone.

On voit à gauche l'un des lampadaires qui ne seraient plus gênants si la chaussée amorçait un petit virage vers la droite pour ajouter 1m ou 1m20 au trottoir.

 

2ème section:  sur le reste du linéaire :

- réduction  de chaque voie automobile à 2m75. (voir la note ci-dessus)

- maintien des trottoirs surélevés qui viennent d'être refaits, mais à reprendre si besoin pour assurer une largeur minimale réglementaire de 1m  40, au moins d'un côté, de préférence côté nord (côté Intermarché).

Remarque 1 : les lampadaires installés sont particulièrement hauts. Si malgré ces mesures, il en restait un petit nombre qui gênaient les piétons, envisager leur remplacement par des lampadaires plus petits qui puissent être apposés en portique contre les maisons. Le désir d'harmonie esthétique doit passer après l'objectif de sécurisation des déplacements piétonniers. 

 Remarque 2 : la création de sinuosités peu marquées pour conserver le même largeur de chaussée tout en élargissant les trottoirs aurait l'avantage de marquer plus fortement le caractère urbain de la voie. La tendance pendant des décennies a au contraire été de rechercher l'alignement au cordeau favorisant la vitesse et l'inattention.

Constat au 29 janvier 2008 : Les passages piétonniers surélevés sont en voie de marquage. Les remarques faites restent valables : à plusieurs endroits les personnes en fauteuil sont obligées de int le passage des piétons à 1 m  seulement.  

 

 

 

Pour aller vers le passage surélevé au fond , l’usager en fauteuil doit descendre sur la chaussée par cet accès voiture présentant un seuil de 5 cm environ.  

Passage étroit entre mur et voitures en stationnement 80 cm)  

Des quilles non règlementaires (passage pétons entre les quilles réduit à 1m au lieu de 1m20 minimal, hauteur 1m au lieu de 1m20 minimal, pas de contraste pour malvoyants )

 

 

En conclusion, l’APF et la FCDE ont soumis ce dossier à l’arbitrage de Monsieur le Préfet de l'Essonne, et lui ont demandé de le faire examiner par la Sous-commission départementale pour l’accessibilité des personnes handicapées.

 

  Note : depuis la rédaction de ce dossier, nous avons appris que ce chiffre de 2m75 ne correspondait plus à la réalité des bus actuellement utilisés par les sociétés de transport.

 La société TICE préconise une largeur de chaussée minimale de 6m40 pour permettre le croisement des bus. 

Selon son calcul : largeur d'un bus 2m55+0,25 rétroviseur droit + 0,25 rétroviseur gauche= 3m05 de largeur totale, et il reste alors 35 centimètres de marge. On est donc loin du compte rue de Corbeil à Lisses. 

De plus, elle demande pour les arrêts de bus que "la bordure du trottoir soit libre de tout obstacle sur une largeur de 25 cm et une hauteur de 2,02m (qui est la hauteur du rétroviseur droit du bus). Usagers de plus de 1m 87 ne marchez pas sur le bord du trottoir avec bordures de 15 cm quand deux bus se croisent !!!.  

Était-il raisonnable de tout faire pour perpétuer un tel aménagement qui ne correspond ni aux besoins de sécurité et de confort de déplacement des piétons, en particulier des plus fragiles, ni aux exigences matérielles des compagnies de bus pour permettre à leurs chauffeurs d'assurer leur service sans stress excessif ?