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La Fédération pour les Circulations Douces en  Essonne lutte  pour la sécurité et le confort des déplacements  non motorisés  ( à pied, en fauteuil roulant, à vélo, à rollers)

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mise à jour le 15 novembre 2011


Historique de l'affaire au 15 novembre 2011

Il n'était pas nécessaire d'être grand spécialiste pour constater dès janvier 2011 le non-respect des règles minimales d'accessibilité, tant étaient criantes à Corbeil-Essonnes  pendant les travaux de rénovation des Bd Kennedy et Henri Dunant, les anomalies relevées sur les trottoirs en réfection. Pourtant les travaux étaient menés tambour battant avec de gros moyens par trois entreprises de travaux publics, dont on peut penser que leurs ingénieurs et conducteurs de travaux connaissaient les règles de l'art.

Il existait depuis les années 70 des pistes cyclables monodirectionnelles sur trottoir des deux côtés du Bd Kennedy, mal entretenues et utilisées par les véhicules pour rejoindre des stationnements, quand ce n'était pas pour y stationner. Les riverains côté vallée de l'Essonne, s'accommodaient des très forts dévers (allant jusqu'à 20%) le long de leurs propriétés car leurs voitures ou celles de leurs visiteurs pouvaient y stationner sans limitation de temps.

Ils étaient donc bien placés pour s'étonner de la bizarrerie d'avoir choisi un cheminement pour les piétons  le long de leurs clôtures. Mais quand ils faisaient remarquer que ce cheminement fait d'une succession de dévers et de montagnes russes était impraticable et serait dangereux surtout en hiver, il leur était répondu que la piste cyclable bien plate et bien droite tracée au-dessus était un espace partagé piétons-cyclistes, où les piétons auraient priorité.

La FCDE s'est rendue à plusieurs reprises sur place pour prendre des mesures, faire des photos, et interroger les passants. Elle a même rencontré  sur le terrain un chef des travaux qui s'est étonné d'apprendre que c'était contraire au Code de la route.

Alerte à Corbeil pour les personnes handicapées:pistes sur trottoirs mis en ligne le 15 mars 2011.

Le 22 mars, la FCDE adresse une lettre de demande d'explications, cosignée par l'association Corbeil-Essonnes-Environnement (CEE) au Président de la Communauté d'agglo (maître d'ouvrage) et Maire de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, avec copie au Préfet de l'Essonne, lettre restée sans réponse.

Lien vers la Lettre FCDE-CEE du 22 mars au maire de Corbeil en PDF 

Lien vers la lettre FCDE-CEE du 22 mars2011 au maire de Corbeil en HTML

La FCDE alerte alors la Confédération Française pour la Promotion des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA) qui regroupe la majorité des associations d'aveugles et malvoyants, entre autres la Fédération des aveugles de France (FAF) et l'Association Valentin Haüy. Sa commission d'accessibilité lutte justement depuis plusieurs années contre les pistes cyclables sur trottoir, déconseillées par le CERTU, l'organisme de recherche et de recommandations du Ministère du Développement durable, compétent en matière de voirie. Lien vers l'article du  CERTU destiné aux gestionnaires, aménageurs, et élus.

Les pistes cyclables sur trottoirs sont en fait des chaussées pour le code de la route. Si elles ne sont pas nettement séparées par de la végétation, du mobilier urbain ou des arbres, les pistes sur trottoir sont source de stress pour tous les piétons, plus particulièrement pour les  aveugles et malvoyants, mais aussi pour les personnes sourdes, malentendantes, âgées, ou les parents avec jeunes enfants. Beaucoup  s'affolent dès qu'un cycliste apparaît ou utilise sa sonnette, et s'irritent par peur rétrospective s'il ne le fait pas.

Dans le cas de Corbeil, dans un quartier en plein développement, où les piétons et les cyclistes seront dans les années à venir de plus en plus nombreux, la piste et le cheminement piétonnier accolés ne répondent pas aux besoins des aveugles : la différence de couleur du revêtement ne leur apporte rien, et la différence des matériaux utilisés à Corbeil n'est pas suffisamment marquée pour être détectable au pied et à la canne. Ce type de configuration de voies accolées non repérables et non détectables est particulièrement stressant pour les aveugles qui craignent de perdre leurs repères, de s'égarer sur la piste, et de causer un accident pour eux-mêmes ou pour les cyclistes, surtout au niveau des traversées pour rejoindre les passages piétonniers de la chaussée automobile. 

Les associations sérieuses de cyclistes luttent aussi contre ces pistes cyclables accolées au cheminement piétonnier, trop souvent marquées simplement par un trait de peinture sur un trottoir coupé en deux, et qui les mettent aussi en danger.

De toute façon, le cheminement prévu pour les piétons en contrebas de la piste est totalement impraticable même pour des piétons valides, a fortiori pour des piétons handicapés moteurs ou visuels. Son revêtement est parfait, mais comme il longe la limite des  propriétés, il présente une successions de montagnes russes et de dévers (pente latérale du trottoir) allant jusqu'à 20%, (la loi prévoit 2% maxi), ce qui crée un risque majeur de chutes ou d'entorses surtout par mauvais temps. A l'évidence, ce cheminement marqué pourtant par des bandes podotactiles (bandes détectables à picots) n'est qu'une fiction pour imposer le partage de la piste théoriquement réservé aux cyclistes. D'ailleurs, dans la deuxième tranche de travaux à réaliser, si la piste était maintenue, le cheminement disparaîtrait nécessairement sur une centaine de mètres là où l'espace disponible se réduit.  

Le 13 mai la CFPSAA envoie une lettre à M. J-P Bechter, en sa qualité de maire de la ville ayant la responsabilité de police et de gestion de la ville de Corbeil-Essonnes. Elle explique les raisons pour lesquelles l'aménagement est inacceptables légalement. lien vers la lettre de la CFPSAA du 13 mai 2011 en HTML 

Le 14 mai, la FCDE reçoit de la Préfecture une copie de la lettre que le Préfet a adressée à la Communauté d'agglo, pour lui rappeler les prescriptions de la Loi handicap, et la procédure de demande de dérogations, qu'elle aurait dû faire avant les travaux. Et le Préfet demande à la CASE  d'organiser une réunion avec la FCDE. lien vers la lettre du Préfet à la CASE du 13 mai 2011 en PDF 

lien vers la lettre du Préfet à la CASE en HTML

Comme plusieurs semaines s'écoulent sans réaction, la CFPSCAA envoie le 22 juin 2011 la même lettre de demande d'explications à M. J-P Bechter, cette fois-ci en sa qualité de Président de la CASE. La CFPSAA lancera un recours à la 3ème étape, présentant sa doléance au Préfet.

La CASE réagit et le 24 juin le chef de ses services techniques, M. Savelli, envoie un courriel aux associations qui ont contesté les aménagements, la FCDE, CEE, et la CFPSAA, pour les convier à une réunion avec les techniciens. Nous lui précisons bien par téléphone, avant d'accepter cette invitation, que nous tenons à la présence d'élus ayant un pouvoir de décision. Nous ne voulons pas être mis devant des faits accomplis dont on nous dirait ensuite que leur correction serait trop coûteuse. Nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation qu'à Lisses en 2008 où la CA Centre-Essonne avait temporisé et bénéficié de la période d'obligation de réserve avant les élections peu favorable aux associations (lien vers Associations et gestion du temps). Il nous est affirmé par son secrétariat qu'au moins deux élus seraient présents.

La Délégation départementale de l'APF a demandé le 30 juin à se joindre aux associations invitées. Mais elle ne l'a pas été, apparemment, parce que la CASE considérait qu'elle était satisfaite puisqu'elle n'avait pas engagé d'action. En effet un contact concernant l'accessibilité avait bien eu lieu entre la CASE et l'APF pour régler un cas individuel, et la CASE l'avait réglé aussitôt. Pourtant, dans son rapport la spécialiste de l'APF avait relevé le problème général d'accessibilité. lien vers le courriel de l'APF91 du 30 juin 2011

Le 6 juillet, au siège de la CASE, nous découvrons qu'aucun élu n'est présent. On nous garantit que cela n'a pas de signification particulière. Les techniciens reconnaissent le bien-fondé de nos objections. Le bilan des échanges entre les techniciens et les représentants des associations sont positifs. Les techniciens ont pris la mesure des travaux de  rectification à réaliser. M. Emmanuel Broz, attaché au bureau du Maire de Corbeil-Essonnes comme conseiller circulations douces conclut la réunion en affirmant qu'il se porte garant au nom de M. J-P Bechter que cet accord sera accepté.

Mais du 6 juillet au 15 septembre, date où le compte rendu que nous avons dû demander plusieurs fois nous est envoyé, il n'y a eu aucun contact, aucune avancée marquant la volonté de la CASE de respecter ses engagements. Les seuls travaux entrepris sont des travaux de finition, pose de barrières, reprise des bordures des niches de stationnement pour faciliter les manœuvres des automobilistes... Rien qui semble aller vers les corrections promises.

Le 6 juillet, il avait été décidé que la CASE engagerait des négociations avec le service du CG de l'Essonne chargé des circulations douces pour que les bandes cyclables longeant les stationnements puissent être élargies à 1m75 pour tenir compte de l'ouverture des portes des voitures. La FCDE s'engageait à approcher le CG pour débloquer la situation au besoin, car il y avait eu une tension entre ces deux entités sur les travaux effectués sur le giratoire de l'Ermitage. Ce que nous avons fait aussitôt. Nous avons consulté plusieurs fois le département qui attendait une réponse à un courrier envoyé à la CASE en juillet pour lui demander d'exposer ses projets.

Nous avons le sentiment qu'à la CASE, il y a des désaccords et peut-être l'entêtement de l'élu porteur du projet initial à vouloir le passer en force.

La FCDE envoie donc le 20 octobre 2011 une dernière demande d'explications à M. Bechter sur les retards pris, avec copie au Préfet. lien vers la lettre de la FCDE à la CASE

Nous avons en effet montré beaucoup de patience et de bonne volonté dans la recherche d'une solution bénéfique pour les piétons valides et handicapés, et pour les cyclistes.  Nous décidons donc que si la réponse reste évasive, nous entreprendrons aussitôt les  procédures de recours contentieux. Nous obtenons la promesse que la CFPSAA nous fournira l'aide de son service juridique pour entamer les démarches en justice si nécessaire.

La lettre de M. J-P Bechter du 3 novembre a donc été pour nous une bonne surprise. Notre objectif n'a jamais été d'aller à tout prix en justice. En ces temps de sérieuses difficultés financières, il serait scandaleux que l'argent des contribuables ou du Fonds européen, alimenté aussi par eux, soit gaspillé dans des aménagements illégaux, ne respectant pas la vision du développement durable. Nous lui savons gré d'avoir tranché fermement en faveur d'une solution raisonnable respectueuse de la Loi handicap, et de la Loi Laure qui incite à sécuriser les déplacements à vélo.

Nous espérons que trois promesses qu'il ne cite pas dans son courrier se réaliseront :

1 - la Ville de Corbeil et la CASE abandonneront désormais la solution de facilité des pistes sur trottoirs dans tous leurs aménagement.

2 - les services techniques donneront avant les travaux toutes les informations utiles aux associations.

3 - la CASE organisera une rencontre avec Anass Kamal, le référent handicap de la FCDE qui devait fournir des indications sur place pour une meilleure compréhension des problèmes d'accessibilité posés aux personnes transportées en fauteuil, mal précisés dans les documents fournissant les normes.